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Points clés à retenir
- Mécanique : Un système à trois bras à ressort et double moteur, jugé « sur-ingéniéré » mais fascinant.
- Écran : Une dalle rétractable sans pli, avec une zone active à l’arrière pour les widgets et selfies.
- Spécifications : Un appareil photo 64 MP, batterie 4500 mAh et capteur d’empreintes latéral, des specs qui tiennent encore la route en 2026.
Le fantôme du CES 2021 ressuscité
Franchement, on en parle encore. Le LG Rollable, ce prototype teasé au CES 2021 juste avant que LG ne jette l’éponge sur le marché smartphone. Deux semaines de test plus tard sur les vidéos disponibles, et une analyse poussée du démontage de Zack Nelson (JerryRigEverything), je peux vous le dire : ce téléphone était une folie d’ingénierie. Spoiler : c’est aussi pour ça qu’il n’a jamais vu le jour.
Teardown : ce que la mécanique nous révèle
J’ai scruté chaque seconde de la vidéo. Le son du moteur, puissant, presque industriel. L’écran qui se déplie sans la moindre « crease », ce fléau des foldables même en 2026. Nelson montre l’intérieur : trois bras mécaniques à ressort qui assurent le déploiement uniforme de la dalle et se rétractent dans le châssis. Deux moteurs en haut qui actionnent le tout sur un rail. Il qualifie le téléphone d’« overengineered » – sur-ingéniéré. Et ça change tout. Ce niveau de complexité, c’était son talon d’Achille pour une production de masse.
L’écran rétractable, une expérience unique
Retenez bien ça : l’interface s’adaptait en temps réel. Une vidéo YouTube qui s’agrandit à mesure que l’écran se déploie. À l’arrière, une section de l’écran principal reste active quand le téléphone est rétracté. Elle affichait des widgets et, cerise sur le gâteau, servait de viseur pour les selfies avec l’appareil photo principal. Ce n’est pas un détail, c’était une vraie réflexion sur l’ergonomie. Une alternative crédible au pli, bien plus élégante que les premières générations de Galaxy Fold.
Des specs qui font (toujours) rêver
Parlons concret. Le module photo : 64 MP en principal et un ultra-grand angle 12 MP. La batterie : 4500 mAh, une capacité qui ferait pâlir d’envie certains flagships pliants actuels. Et ce détail que j’adore : un capteur d’empreintes intégré au bouton power latéral. Simple, efficace. Je regrette que cette solution ait été délaissée au profit des capteurs sous-écran, souvent moins fiables.
Pourquoi les rollables n’ont pas percé ?
D’autres, comme TCL ou Oppo, ont montré des concepts. Aucun n’est allé aussi loin que LG. La faute à une mécanique trop complexe, trop coûteuse, et à un marché déjà accaparé par le pliable. Mais si le Rollable était sorti en 2021, il aurait forcé l’industrie à innover autrement. Il aurait offert un form factor radicalement différent, sans compromis sur l’épaisseur ou la durabilité de l’écran. Un chemin non emprunté.
Verdict : une innovation inachevée
Le LG Rollable n’était pas un gadget. C’était une vision. Trop ambitieuse, peut-être. Trop chère, sûrement. Mais son démontage prouve une chose : la R&D chez LG était audacieuse. Aurais-je acheté ce téléphone ? En tant qu’early adopter, probablement. En tant qu’utilisateur lambda en 2026, je doute qu’il ait survécu aux aléas d’une mécanique aussi complexe. Il reste le symbole d’une voie alternative pour le smartphone, un fantôme qui hante encore les discussions sur XDA. Et ça, ce n’est pas un détail.

Journaliste tech, testeur compulsif, drogué à l’écosystème Android depuis l’époque des ROMs custom. Je couvre les apps, les jeux et les rouages du système avec une obsession simple : vous dire ce que ça vaut vraiment.