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Ce qu’il faut retenir
- Choix risqué : Le S27 Pro pourrait cannibaliser les ventes de l’Ultra en isolant le S Pen comme unique différence.
- Taxe psychologique : Tout écart de prix sera perçu comme un « impôt S Pen », difficile à justifier.
- Fin programmée : Cette stratégie pourrait signer l’arrêt de mort du stylet sur les smartphones Samsung.
Le S Pen, un survivant en sursis
Franchement, c’est un petit miracle que le S Pen existe encore en 2026. Dans un secteur obsédé par la miniaturisation et prêt à sacrifier le jack audio sans sourciller, ce stylet géant a tenu bon. Mais les dernières rumeurs sur un Galaxy S27 Pro – un Ultra sans S Pen – sentent l’ultimatum. Spoiler : si ce modèle voit le jour, c’est probablement le début de la fin pour l’accessoire.
Un outil puissant, mais dispensable
J’ai testé. Voilà ce que ça donne. Mon premier contact remonte au Galaxy Note original. À l’époque, le stylet était une béquille bienvenue dans un monde tactile encore maladroit, un peu comme les claviers physiques QWERTY. Deux semaines de test plus tard, j’étais conquis.
Les générations suivantes ont ajouté des gestes aériens, des raccourcis logiciels. C’était fun, parfois utile. Mais en conditions réelles d’utilisation ? Aujourd’hui, je dois être honnête : rien de ce que je fais avec le S Pen ne justifie son existence seule. La précision ? Les écrans tactiles modernes l’offrent. La productivité ? Des apps bien conçues font mieux. Retenez bien ça : le S Pen est un bonus agréable, jamais une nécessité.
La pire stratégie possible : isoler le S Pen
Sur le papier, plus de choix pour le consommateur, c’est bien. La rumeur, relayée par des sources habituelles comme les forums XDA, décrit un S27 Pro identique à l’Ultra… sauf pour le S Pen. Et ça change tout. Psychologiquement, c’est une catastrophe.
Jusqu’ici, le S Pen faisait partie d’un package premium : écran plus grand, meilleurs capteurs photo, batterie plus costaude. On achetait l’expérience Ultra, le stylet venait avec. C’était indolore. The Korea Herald rapportait que les modèles Ultra représentaient 70% des précommandes du S26 en Corée du Sud. Ce n’est pas un détail.
Mais proposer un « Ultra sans S Pen » ? C’est mettre l’accessoire sous les projecteurs et lui seul. Le consommateur va se poser une question simple : « Est-ce que ce bout de plastique intelligent vaut X euros de plus ? ». La réponse, pour la majorité, sera non.
La « taxe S Pen », un piège à éviter
Imaginons la stratégie tarifaire. Même avec un écart minime – 50 ou 100 dollars –, tout l’écart sera perçu comme une « taxe S Pen ». Un premium impossible à justifier face à un Pro quasi identique. Pire : si Samsung profite de l’absence du stylet pour glisser une batterie plus grosse ou un refroidissement amélioré dans le Pro, le calcul devient encore plus défavorable pour l’Ultra.
Et si les prix grimpent, avec un Ultra qui démarre à 1 300 $ ? Le Pro deviendra l’option rationnelle par défaut. Franchement, qui choisirait volontairement de payer plus pour un accessoire qu’il n’utilisera peut-être qu’une fois par mois ?
Quel avenir pour le stylet ?
Le S Pen a dépassé le statut de simple accessoire téléphone. Il vit sur les tablettes Galaxy, où il a du sens. Mais sur smartphone, son utilité marginale le condamne dès qu’on lui donne le choix de l’éviter.
Cette manœuvre du S27 Pro ressemble à un test. Si les ventes de l’Ultra s’effondrent au profit du Pro, le message sera clair : les utilisateurs ne veulent plus du S Pen sur leur téléphone. Dans ce scénario, je ne donne pas cher de sa peau sur le Galaxy S28. Samsung pourrait bien enterrer lui-même l’une de ses dernières singularités hardware.

Journaliste tech, testeur compulsif, drogué à l’écosystème Android depuis l’époque des ROMs custom. Je couvre les apps, les jeux et les rouages du système avec une obsession simple : vous dire ce que ça vaut vraiment.