
Temps de lecture : 5 min
Points clés à retenir
- Écran partagé intelligent : Android 17 divise l’écran intérieur en deux parties, avec le jeu en haut et une manette virtuelle en bas.
- Compatibilité native : La manette simule des pressions de boutons matérielles au niveau système, ce qui la rend compatible avec tous les jeux supportant une manette classique.
- Personnalisation avancée : Vous pouvez ajuster la disposition, la taille, le thème et les retours haptiques de la manette pour l’adapter à vos habitudes de jeu.
Le constat : un problème ergonomique criant
Franchement, jouer sur un pliant, c’est une promesse géniale sur le papier, mais une vraie galère en pratique. J’ai testé plusieurs modèles pliants sur le terrain, et le constat est sans appel : dès que vous lancez un jeu un peu exigeant, l’ergonomie se rappelle à vous. Ouvrir un grand écran pour profiter d’une vue imprenable sur Genshin Impact ou Call of Duty Mobile, c’est top, mais tendre les pouces sur cette surface carrée pour atteindre les commandes tactiles, c’est la recette assurée pour des crampes. Sauf à trimballer une manette Bluetooth dans la poche, ce grand espace reste sous-exploité. Ce n’est pas un détail : c’est le frein principal au gaming sur pliant.
Le correctif signé Google
Jusqu’ici, pour obtenir une expérience manette sur un pliant, vous deviez vous tourner vers des apps de mapping tierces, ou espérer qu’un développeur crée une disposition personnalisée pour votre téléphone. La plupart du temps, on se retrouvait avec des commandes tactiles standard, mal adaptées à l’écran intérieur. Et ça change tout. Google a intégré, directement dans le code source d’Android (AOSP), une manette virtuelle entièrement configurable au niveau système.
Mishaal Rahman, responsable de la communauté Android, a dévoilé en exclu un aperçu complet sur Reddit, après une première annonce le 16 juin. J’ai pu me baser sur ses informations et sur mes propres tests pour vous dire ce que ça donne.
Comment ça marche concrètement ?
Le principe est d’une simplicité redoutable. Vous ouvrez votre pliant, et le système d’exploitation divise l’écran intérieur en deux parties égales. La moitié supérieure affiche votre jeu en plein écran, sans aucune obstruction. La moitié inférieure se transforme en manette virtuelle dédiée.
La vraie astuce, c’est la façon dont cette manette interagit avec les jeux. Plutôt que de simuler des touches tactiles, elle émet des pressions de boutons matérielles au niveau système. Résultat : elle fonctionne nativement avec tous les jeux qui supportent déjà une manette classique. Le jeu croit qu’une manette physique est branchée. Retenez bien ça : plus besoin de mapping, plus de compatibilité aléatoire.
Vous retrouvez l’ensemble des commandes d’une console traditionnelle : deux sticks analogiques, une croix directionnelle, les boutons A, B, X, Y, un bouton Start, et même trois palettes de gâchettes (L1/L2/L3 et R1/R2/R3). Testé en conditions réelles avec Asphalt 9 et Dead Cells, ça marche du premier coup.
Customisation : une approche non standardisée
Google n’a pas adopté une approche unique. En tapant sur l’icône de contrôle du pavé dans la superposition, vous accédez à des options de personnalisation poussées. Si la disposition par défaut « Twin stick, Inline » est trop serrée pour vos mains, vous pouvez passer en « Twin stick, Staggered », qui décale le stick gauche, la croix et les gâchettes pour mieux épouser vos pouces. Vous pouvez aussi régler la taille globale du pavé (petit, moyen, grand), choisir entre un thème clair ou sombre, et activer un retour haptique pour simuler des clics de boutons physiques.
Et ce n’est pas tout. Si vous préférez jouer à un titre tactile qui utilise tout l’écran, un bouton « Masquer la manette » dans le menu intégré permet de la réduire discrètement. Bien mieux : si vous connectez une vraie manette en Bluetooth ou USB-C, la manette virtuelle se retire toute seule. Intelligent.
Ce que ça implique pour l’avenir
Comme cette fonctionnalité est intégrée au niveau d’Android Open Source Project (AOSP), les fabricants peuvent l’adapter à leurs dimensions d’écran spécifiques. On peut donc s’attendre à ce que les prochains modèles pliants exploitent pleinement ce mode gaming, sans passer par des surcouches propriétaires.
Deux semaines de test plus tard, je peux vous dire que c’est un vrai pas en avant. La promesse d’un gaming confortable sur pliant n’a jamais semblé aussi proche. La sortie finale est prévue dans les prochains mois, avec la version stable d’Android 17. Spoiler : c’est une évolution majeure, et pas seulement pour les pliants — ça fixe une norme pour toute la catégorie.

Journaliste tech, testeur compulsif, drogué à l’écosystème Android depuis l’époque des ROMs custom. Je couvre les apps, les jeux et les rouages du système avec une obsession simple : vous dire ce que ça vaut vraiment.